Les SCPI, supports des Plans D'épargne Salariale (PPES)


Bientôt, les PPES…

Le Ministre des Finances vient d'engager le dialogue avec les partenaires sociaux pour réouvrir le chantier de la retraite volontaire par capitalisation, qui viendrait compléter le régime de la répartition. Le chantier est complexe. Sans vouloir lui apporter une contribution exhaustive, il est un point sur lequel nous souhaitons faire partager nos réflexions. Il s'agit des PPES (plans partenariaux d'épargne salariale) à mettre en place dans les entreprises.

Quelle que soit la forme que prendront ces PPES, une des idées fortes évoquées sur le sujet est la nécessaire diversité de leurs supports financiers, destinée à apporter aux souscripteurs une sécurisation que ne pourrait présenter un dispositif n'ayant comme support qu'un seul produit. C'est un point qui, vraisemblablement, ne suscitera l'opposition de personne, sachant qu'aucune mutualisation du risque n'est, globalement, prévue.

Dans ce contexte, ont été cités, les OPCVM, les plans d'épargne inter-entreprise, les fonds communs de placement… soit pour résumer toutes les formes de placement collectif, ouvertes au public et à l'information contrôlée.

Le chantier ne fait que démarrer, mais nous remarquons qu'une forme de placement répondant à tous ces critères n'a jamais été évoquée : il s'agit de la SCPI (société civile de placement immobilier). C'est, à notre avis, un support à ne pas oublier.


L'immobilier est un support irremplaçable

L'immobilier ne peut pas ne pas faire partie des supports des futurs PPES. Classiquement, le placement immobilier, support traditionnel de l'épargne, revêt trois formes possibles :

  • Détention directe d'immeubles
  • Détention de titres de sociétés cotées en bourse et dont l'actif est constitué d'immeubles : il s'agit des "sociétés foncières cotées".
  • Détention de parts de société non cotées en bourse, et détenant également des actifs immobiliers : il s'agit des SCPI.

S'il paraît évident que l'immobilier en direct peut, en raison de son manque de liquidité, présenter des difficultés, l'intégration, dans les réflexions en cours, des deux autres formes de placement devrait être naturelle : les actions de sociétés foncières cotées sont d'ailleurs évoquées. L'élargissement à la "pierre-papier non cotée" devrait aussi apparaître comme évident, car au-delà de caractéristiques communes avec le placement immobilier coté - répartition des risques locatifs du fait de la multiplicité des actifs, absence de souci de gestion pour l'épargnant, contrôle de la Commission de Opérations de Bourse,…- la SCPI a le mérite de ne pas dépendre des mouvements boursiers qui ne sont pas toujours le reflet de l'évolution du secteur concerné.


Pourquoi la SCPI ?

Première raison : la SCPI est de l'immobilier pur
Cela vient d'être évoqué, les SCPI, (c'est à dire la valeur des parts et les revenus distribués) sont déconnectées des variations de la Bourse. Certes, l'immobilier en parts de SCPI ne peut pas être indépendant de l'économie en général : périodes de croissance ou de récession ont leur impact sur l'occupation des immeubles de bureaux et des murs commerciaux, sur leurs valeurs et sur les loyers. En revanche, les parts de SCPI ne suivent pas les évolutions propres à la Bourse et ne sont affectées que par la situation locative et l'état de leur patrimoine.

Deuxième raison : la SCPI est un produit d'investissement patrimonial
Pour l'épargnant, la SCPI est un produit de capitalisation progressive dans l'immobilier. Le passage en retraite s'accompagne, dans la très grande majorité des cas, d'une diminution des revenus : le placement en parts de SCPI constitue alors un utile complément, à garder dans son patrimoine. Les souscripteurs l'ont aisément compris : au Groupe Pelloux, nous observons que plus de 75 % d'entre eux ont aujourd'hui plus de 60 ans, et depuis l'origine, le taux de rotation annuel est seulement de l'ordre de 3%. Il s'agit donc bien d'un investissement patrimonial de long terme que les héritiers conservent dans la plupart des cas.

Troisième raison : la SCPI est soumise à un contrôle permanent
La création, l'administration des immeubles par la société de gestion, les fusions, les dissolutions… il n'est d'étapes dans la vie d'une SCPI dont l'obligatoire information ne soit soumise à la COB (Commission des opérations de bourse). Jusqu'à la liquidité des parts, qui est réelle, puisque les prix d'échanges résultent de la confrontation des offres et des demandes sur un marché de gré à gré intermédié transparent. Sur ce dernier point, l'environnement réglementaire est à améliorer si bien que la COB, dans son récent rapport annuel, appelle de ses vœux une modernisation du marché secondaire (qui est le marché réglementé, le marché de gré à gré intermédié étant celui institué depuis 1996 par les professionnels du secteur pour recouvrer la liquidité que l'application des textes empêchait).

Aujourd'hui, il est important que l'opinion publique et les élus comprennent que la SCPI est un produit d'épargne parfaitement adapté pour remplir son rôle d'investissement retraite. Il le fera d'autant plus pleinement quand son cadre législatif et réglementaire sera modernisé, ce qui est en bonne voie.. La gestion collective est un moyen accessible à tous pour effectuer un placement. Depuis les années 1960, plus de 600.000 épargnants l'ont déjà compris. Même si la crise immobilière en a surpris beaucoup (mais les SCPI l'ont surmontée), elle aura eu le mérite de mettre en évidence les erreurs à ne plus commettre.